vendredi 24 avril 2009

Le réveil -Chapitre 24-

Une petite semaine était passée. Je n'avais pas de nouvelles. De toute façon, j'avais passé ces derniers jours dans le fond de mon lit à pleurer toutes les larmes de mon corps. Je m'en voulais de ce que j'avais fait, de ce que j'avais dit mais je n'avais pas le courage pour autant de faire machine arrière et de l'appeler pour m'expliquer. Je n'en avais pas la force. On vient frapper à ma porte, les volets étaient clos et je n'avais aucune idée de l'heure ou du jour.

« Vick, c'est moi ma puce, c'est Aude, je rentre. »

Aude se montrait aussi patiente qu'un ange avec moi, elle me soutenait...je n'avais qu'elle. Je n'avais pas non plus prévenu ma famille. Pas tant que ma décision ne serait pas prise. Peu à peu celle -ci avait commencé à émerger. Je savais que malgré tout je devrais lui en parler, à lui. Malgré la situation, il était aussi concerné que moi.

« Vick , je t'amène un petit déjeuner. Il fait beau aujourd'hui, ça fait une semaine aussi maintenant ma belle. Il faudrait que tu te lèves.
-Oui je sais, mais je n'en ai pas la force.
-Si tu l'as, tu es forte Vick, la personne la plus forte que je connaisse. Je t'ai laissé du temps pour pleurer maintenant il est temps d'agir. »

Elle avait raison. Je me relevais légèrement à l'aide de mes coudes et m'assis dans le lit. Elle posa le plateau sur mes genoux. Petit déjeuner à la française. Elle avait à coup sur due parcourir la ville pour me trouver ces pains au chocolat. Cette odeur me réconfortait, elle le savait ça aussi.

« Alors qu'est-ce que tu vas faire?
-par rapport à quoi?
-Ben par rapport à tout!
-moui...quel bazarre hein? Tu te rappelle ce qu'on se disait au lycée? »Elle hocha la tête, comment ne pas sans souvenir, on avait ris durant de longues minutes en sortant cette énormité qui par la suite était devenue notre cri de ralliement que nous seules pouvions comprendre.
« Tout sauf se retrouver jeune, célibataire et engrossée » murmurais en riant, un peu.
« La vie est vraiment conne hein? Lui demandais-je. elle ne répondit pas.
Au final on dirait bien que tout ce que je redoutais est en train d'arriver. Je suis une blague Aude ça y est. Une mauvaise caricature de tout ce que j'ai toujours détesté. Comment j'en suis arrivé là? »

Elle ne dit rien et se contenta de me prendre dans ses bras. Là, ma tête sur son épaule je pouvais pleurer à loisir, je savais que je n'étais pas jugé.

« je vais devoir repartir à Los angeles Aude tu sais.
-Oui je sais ma belle. Mais tu peux rester ici aussi longtemps que tu le voudras...
-Je vais le voir, je vais passer mes journées avec lui...
-Oui je sais, et j'en suis désolé.
-Je devrais peut être partir sur place plus tôt pour me trouver un appart non?
-oui ca ne serait pas une mauvaise idée. Mais tu vas aller où en attendant?
-Je pourrais aller à l'hôtel,...
-Ca ne me plais pas trop de te savoir seule à l'ordre bout du monde dans ton état.
-Je m'en doute, mais où veux-tu que j'aille?
-Attend, toi et moi savons qu'avec ton influence, dieu sait que je déteste ce mot là, tu ne devrais pas mettre longtemps à trouver de quoi te loger. Je suis même sure qu'un coup de fil à ton agent suffira. Tu ne peux pas aller quelques jours chez une de tes collègues?
-Ah ouais, je suppose que je pourrais demander à Ashley de m'héberger, elle doit être rentrer là bas je pense.
-Et bien voilà parfait! Tu appelle ton agent et après Ashley. Moi de mon côté je devrais bientôt avoir des vacances, je viendrais te voir.
-Oh ça serait chouette. Merci pour tout Aude.
-De rien, c'est normal. Allez finis ton ptit déj, je vais te faire couler un bon bain. »

J'embrassais la joue de mon amie. Une fois seule je passais les coups de fils pour arranger mon retour à LA. Aude avait raison avec mon influence tout allait très vite. Mon agent s'occupait de tout: billet d'avion, location d'un appart, déménagement...Ashley venait de m'éclater les tympans de joie en apprenant ma visite. Selon elle nous allions enfin rattraper le temps perdu. Elle me disait que l'ancienne moi lui avait manqué.,,, si seulement elle savait à quel point l'ancienne moi était éteinte.
J'étais toujours assise au milieu du lit. Au fond de moi je savais qu'il me restait un dernier coup de fil à passer et pas des moindres. Je composais distraitement le numéro que je connaissais par coeur, m'attendant à vivre les secondes les plus longues de ma vie en attendant qu'il décroche. Mais je n'eus pas à patienter. Je tombais directement sur le répondeur. Zut quoi faire, je n'avais pas prévu ça. Je tentais de réfléchir à la vitesse de la lumière mais sa voix eu raison de moi.
« Bonjour, vous êtes bien sur le portable de Rob, je ne suis pas là pour le moment, laisse moi un message. »
Comment des mots aussi banals pouvaient me faire un tel effet. J'imaginais sa voix, son souffle dans mon coup, ses yeux posés sur moi... 
« Veuillez laisser un message après le bip sonore merci. BIPPPPPPPP »
Je brédouillais:
« Euh Rob salut c'est moi...Vick. Ecoute je voulais te parler mais bon apparemment tu n'es pas dispo » Bien vick! perspicace ma grande continue comme ça tu n'as pas du tout l'air ridicule. 
«ben du coup je n'ai pas trop envie de te dire ça par téléphone, donc rejoins moi ce soir à 19h au pub ».
Je raccrochais. Minable, j'avais été minable, non seulement je venais de laisser le pire message jamais émis et le pire c'est que je venais de lui donner RDV juste car j'avais été troublé par sa voix sur son répondeur.












Désolé de l'attente, je n'ai plus beaucoup d'avance et je suis très prise par mon boulot en ce moment. Je vous fait des bisous.

jeudi 9 avril 2009

Le réveil -Chapitre 23-

Il me regardait bizarrement, étonné.
« Ecoute il faut que je te dise.
-Je sais déjà pour l'autre type, te fatigue pas!
-Mais de quoi tu parle?
-Je suis passé chez Aude pour te voir hier, c'est un type qui a répondu, apparemment il passait de chercher.
-Exact, mais ce n'était pas pour un RDV qu'il était là, il m'accompagnait quelque part.
-Oh »

On y arrivait. J'étais gênée à présent. J'avais chaud, je pouvais sentir un filet de transpiration perler contre ma nuque, j'avais le souffle court. J'avais peur. Je savais que c'était désormais toute sa vie que j'allais chambouler.

« Ce type s'appelle Dorian, c'est un ami d'Aude, il m'a amené chez le médecin car j'avais fait un petit malaise.
-Qu'est-ce que tu as, tu es malade?
-Non pas vraiment. »

Je n'y arrivais pas, les mots ne sortaient pas. Je voulais lui faire mal, je voulais qu'il se sente perdu lui aussi mais je n'y parvenais pas. Quelque chose m'en empêchait. C'était comme si deux forces opposées luttaient en moi, l'une voulant frapper, l'autre voulant à tout pris le protéger. Il releva mon visage en passant sa main sous mon menton. Il se tenait à côté de moi, tout près. Je pouvais sentir son souffle. Alors je pris sa main et la posait sur mon ventre, espérant qu'il comprendrais sans que j'ai a le formuler...Mais rien ne vint, il perdit son regard dans le mien. Il ne comprenait pas.

« Je suis enceinte »

Les mots étaient sortis dans un souffle à peine audible. Il tressaillait mais laissait sa main posée sur mon ventre. Un léger sourire vint fendre ses lèvres.

« Et ça te fait rire? Lui demandais-je alors que la colère recommençait à monter en moi.
-Non, aussi bizarre que cela puisse paraître, bien que tu sois partie, que je ne sois pas prêt pour ça, je suis heureux. »

Maintenant j'étais réellement en colère.

« Non mais tu ne comprends pas espèce d'idiot! Mais quel imbécile! Je ne compte pas revenir avec toi. Toi et moi c'est fini. Tout ce qu'il s'est passé depuis mon accident n'a été qu'un sursis que tu n'aurais jamais du avoir. Ce truc que j'ai dans le ventre c'est un accident aussi. Ca n'aurait jamais du arriver! Il est hors de question que je garde cet enfant! » Je hurlais en pleurs, tapant mes poings sur son torse. Il ne bougeait pas, ne tentait pas de m'arrêter.

« Victoria, calme toi,ça ne sert à rien de t'énerver.
-Que je reste calme? Tu te rend compte de tout ce que je subis par ta faute? D'abord l'accident puis maintenant ça!
-Je suis désolé mon amour.
-Ne m'appelle pas mon amour, je ne suis pas ton amour. C'est fini tout ça.
-Est-ce que c'est vraiment ce que tu veux?
-Oui. Admis-je dans un sursaut minable entre deux larmes.
-Je ne te crois pas Vick, dis moi que je ne t'ai pas manqué une seule fois, que pas une seule fois tu n'as pensé à moi, à ce que je faisais, que pas une fois tu ne m'a imaginé prés de toi t'embrassant et alors je te laisserais tranquille. »
Bien sûr je ne pouvais pas lui dire puisqu'il m'avait manqué terriblement. J'étais en train de flancher. Je ne pouvais pas. Je fis alors une chose horrible qui je savais l'anéantirais. Je lui dis toute la vérité.

«Oui tu as raison Rob. Tu m'as manqué. J'ai pensé à toi à chaque instant, j'ai lutté pour ne pas venir ici et te demander de tout oublier. Je me suis rendue compte d'une chose essentielle, que je refoulais depuis des mois et que je ne souhaitais pas exprimer. Que je ne t'ai jamais dite depuis mon réveil car je n'y arrivais pas. Je t'aime. Je suis amoureuse de toi et je me damnerais pour être dans tes bras. Mais tu m'as trahie d'une manière qu'il m'est impossible de pardonner. Alors oui je t'aime et je porte ton enfant. Mais un nous n'est plus possible. Maintenant, je vais partir, demain j'irais chez le médecin et je m'arrangerais pour prévoir un avortement car il est hors de question que je mette au monde le fruit de ta douce trahison. Tu es l'homme de ma vie, mais je ne veux plus de toi. Tu vas devoir vivre avec cette idée ainsi qu'avec ma présence à tes côtés pendant encore au moins deux ans, le temps de finir d'honorer nos contrats. Tu verras qu'à chaque instant je mourrais d'envie de te crier à quel point je t'aime mais je ne le ferais pas, car tu as tout gâché. »

J'avais dit tout ça calmement en prenant soin de bien articuler et de me faire comprendre. Je ne me pensais pas capable d'une telle maîtrise de moi même. Ce que je venais de dire était tout bonnement horrible. Il ne m'avait pas laissé le choix. Je le regardais. Il était ébranlé, choqué, interdit. Sans plus rien dire je posais mes lèvres sur les siennes une dernière fois. Tournais les talons et refermais la porte derrière moi. Je m'engouffrais dans le taxi que j'avais grassement payé pour qu'il m'attende. Je suffoquais, j'étais en pleine crise de nerfs, ne réussissant pas à réaliser ce que je venais de lui dire.

« Mademoiselle, ça va mademoiselle?
-Ca va aller, ramenais moi juste à l'endroit où vous êtes venu me chercher. »