mercredi 20 mai 2009

Le réveil -chapitre 25-

ROB

7 jours, environ 65 bières, des centaines de cigarettes et 19 coups de fils reçus plus tard je rallumais mon portable. Depuis 7 jours j'avais mis ma vie en suspens. Depuis le soir où elle était venu et m'avais annoncé sa grossesse. Si seulement elle ne m'avait annoncé que ça. Non il avait aussi fallu qu'elle m'avoue qu'elle m'aimait, qu'elle n'arrivait pas à vivre sans moi et qu'en dépit de tout ça elle aurait la force de le faire quand même. Victoria avait toujours été une force de la nature. Ce soir là, elle m'avait déballé tout ce qu'elle avait sur le cœur sans ciller, impassible. Puis elle m'avait embrassé légèrement, comme on effleure un pétale de rose et était partie. Je ne l'avais pas revu, je n'avais pas eu de nouvelles. J'avais eu la réaction stupide de noyer ma peine dans l'alcool. Je faisais le mort. Au bout de 6 jours mon ami Tom avait commencé à s'inquiéter et était venu taper ou plutôt cogner à ma porte. J'avais fini par lui ouvrir à force de l'entendre beugler derrière la porte. Il était tenace.

Il était désormais 18h, le jour? Je ne savais plus. Les jours passaient, je les comptais mais ne les identifiaient pas. Tom avait passé la journée a essayer de me changer les idées. Peine perdue. Jusqu'à ce qu'il se mette finalement à parler clairement d'elle.

« elle ne t'as pas donné de nouvelles hein? »
Je grognais, les lèvres sur le goulot d'une énième bière.
« Tu sais mec, peut-être qu'elle t'as envoyé un mail, ou un message.
-Elle ne m'a pas appelé quand elle est partie, elle est venue, j'attends qu'elle vienne, quand elle veut. Je l'attends.
-Tu risques d'attendre encore longtemps si ça se trouve. Tu pourrais au moins réallumer ton portable, tout le monde cherche à te joindre. Ta mère m'a même appeler pour me dire qu'elle était morte d'inquiétude. Tiens il est là vas y tape ton code »

Je tapais ce fichu code pour avoir la paix. Aussitôt, le téléphone se mis à faire un vacarme m'annonçant des dizaines d'appels en absences: tom, ma mère, mon agent, jackson, tom, ma mère. Pas de trace de Vick. Comme je le pensais elle n'avait pas appeler. 19 messages vocaux. En voyant le regard curieux et appuyé de Tom je composais le numéro de la messagerie. Le dernier message datait du matin même. Je ne mis qu'une seconde à reconnaître la voix au bout du fil.

« Tom quelle heure il est?
-Attends me dis pas que t'as déjà faim!
-Non Tom c'était Vick il est quelle heure bordel? 
-18h...
-Merde » je me levais du canapé comme une furie. J'avais encore le temps d'être à l'heure. Je fonçais vers la salle de bain, me regardais dans le miroir pour la première fois depuis une semaine. Je faisais peur à voir, entre mes cernes, ma barbe et les restes manifestes d'une gueule de bois continuelle de plusieurs jours. J'étais ridicule, j'allais être père et je passais mon temps à boire pour oublier. Pathétique. Je me rasais, pris une douche. Je pris à peine le temps de m'essuyer que je fonçais nu jusqu'à la chambre pour mettre des vêtements propres. Je pris ce qui me tombais sous la main. Un jean, une chemise, ma vieille père de Nike que Vick avait essayé de jeter une dizaine de fois et que je sauvais à chaque fois. Je les aimais bien ces baskets...C'est elle qui me les avaient offertes. J'attrapais ma montre sur la table de chevet, 18H45! Il me restait à peine 15 minutes pour traverser la ville.

VICK

Je ne savais vraiment pas ce qui m'étais passé par la tête. Ca avait été plus fort que moi. Je refoulais depuis une semaine cette envie irrépressible d'être près de lui par peur. Par peur de ne pouvoir soutenir son regard, par peur de sombrer, de flancher et de me jeter dans ses bras. Le voir équivalait à me montrer clairement tout ce que j'avais perdu. J'avais mis un terme à toute éventualité possible quelques jours plus tôt.
J'avais passé la journée à essayer de me réveiller de mon dépri-coma de la semaine qui venait de passer. La boule au ventre ne me quittait plus. A 17h45 je me préparais pour sortir. J'avais appelé un taxi. A 18h45 j'étais assise à une table de ce pub où nous avions passé plusieurs soirées mémorables. Je commandais un coca. A cette heure ci il n'y avait quasiment personne au pub, je pouvais être rassuré nous serions tranquille. Je ne savais pas vraiment comment lui dire ce pour quoi je l'avais fait venir. Les minutes défilaient sur la grand horloge adossé au mur face au bar. 19H10. Peut-être n'avait-il pas eu mon message. Encore 5 minutes et je partais. A 20 h, le pub commencerait à se remplir et alors je perdrais mon anonymat. Je finissais mon coca. J'en buvais des litres depuis quelque temps. C'est la seule boisson qui ne me donnait pas envie de me précipite aux toilettes pour rendre mon déjeuner. Cinq minutes plus tard toujours personne.

« il n'est pas venu, fait toi une idée, ou il n'a pas eu ton message ou alors il l'a eu et n'a pas voulu continuer à souffrir. IL a fait une croix sur toi dès l'instant où tu lui as dit toutes ces horreurs. »

Je me levais, pris mon manteau et déposait un billet sur la table pour régler ma consommation. En sortant l'air froid me saisit, je serrais les deux pans de mon manteau autour de mon ventre où était désormais lové tout ce qu'il restait de « nous ».